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Vers une ouverture timide à Wall Street, prise dans le brouillard géopolitique
information fournie par Zonebourse 29/05/2026 à 14:29

Hier, l'annonce d'un accord-cadre entre Washington et Téhéran, auquel il ne manquerait que la signature de Donald Trump, a rassuré les marchés. Depuis, tous les regards se tournent vers Donald Trump et scrutent son compte Truth Social, qui lui sert généralement de vitrine. Mais le président n'a fait aucune allusion à cet accord et a préféré rendre hommage à un ancien hockeyeur disparu hier. L'optimisme des marchés est donc mesuré : à l'ouverture de Wall Street, le S&P 500, le Nasdaq-100 et le Dow Jones sont attendus en hausse timide de 0,1% à 0,3%.

Après les espoirs, place à l'attente. Et selon Téhéran, la balle est désormais dans le camp américain. "Les 48 dernières heures ont montré que la question fondamentale n'est plus de savoir si l'Iran viendra à la table des négociations, mais plutôt si Washington est capable d'abandonner sa politique contradictoire", a fait savoir la République islamique, via son ambassade à Paris.

Alors que plus d'une dizaine de navires avaient franchi le détroit d'Ormuz au cours des derniers jours, les échanges de tirs ont interrompu le trafic : selon les sites de suivi du trafic maritime, seuls quatre navires ont pu naviguer à travers le détroit au cours des 24 dernières heures.

Trois mois après le début du conflit, la situation reste confuse avec un cessez-le-feu interrompu par des frappes tandis que des discussions se poursuivent entre les deux parties, sous l'égide du Pakistan.

"Washington mène deux combats de front : d'une part, la désescalade géopolitique et, d'autre part, une pression économique soutenue. L'objectif est de parvenir à un accord sur le détroit sans donner à Téhéran les moyens de se réarmer", estime ce matin Frédéric Lorec, analyste pétrolier chez AlphaValue.

Selon lui, la réouverture du détroit reste une option, ce qui maintient la pression à la baisse sur le Brent, qui recule de 1,2%, à 91,2 USD le baril, tandis que le WTI cède 0,9% à 87,7 USD.

L'IA en amortisseur de l'inflation ?

Hier, les chiffres des prix à la consommation des ménages (PCE) aux Etats-Unis ont signalé une hausse annuelle de 3,8%, conformément aux attentes, un niveau qui reste toutefois bien au-delà des 2% évoqués dans le mandat de la Fed.

Si la flambée des cours du pétrole depuis le début du conflit inquiète par sa nature inflationniste, Hilbert Investment Solutions estime que le marché "se trompe de combat" en anticipant un durcissement durable des politiques monétaires.

Dorian Raimond, directeur du trading et de la stratégie obligataire chez Hilbert, estime que les investissements massifs des hyperscalers dans l'IA sont certes inflationnistes pour le moment (notamment via la hausse des prix de l'électricité aux Etats-Unis) mais qu'ils précèdent des gains de productivité et d'efficacité que l'IA est appelée à générer. Selon lui, une désinflation à plus long terme pourrait ainsi émerger. "Dans cette optique, il peut être opportun de miser sur une stabilisation, voire une baisse de l'inflation et des taux d'intérêt", assure-t-il, n'hésitant pas à parler "d'illusion inflationniste".

Des droits de douane moins inflationnistes que redouté

Ce matin, les analystes de Commerzbank se sont aussi penchés sur les risques inflationnistes, sous l'angle des droits de douane imposés par l'administration Trump au reste du monde.

Selon les calculs de la banque, le taux de droits de douane effectif aux Etats-Unis ressort désormais à un peu moins de 7%, contre un pic d'environ 11% en octobre dernier. Un niveau qui reste toutefois supérieur aux 2 à 3% observés avant 2025.

Commerzbank note par ailleurs que les droits de douane américains sur les importations chinoises avaient atteint près de 50% après plusieurs vagues de relèvements. Les contre-mesures de Pékin, son poids dans les terres rares et les exemptions obtenues par les groupes technologiques américains ont toutefois ramené le taux effectif à environ 23%.

La banque estime ainsi que les craintes les plus fortes observées au printemps dernier ne se sont pas matérialisées, même si Donald Trump conserve encore plusieurs options pour poursuivre sa politique commerciale.

Les investisseurs orbitent autour de SpaceX

Alors que SpaceX fera son entrée en Bourse dans deux semaines jour pour jour, l'événement est qualifié de "particulièrement intéressant" par RBC BlueBay AM. "Les initiés, déjà fortement exposés au titre, ne manqueront sans doute pas de promouvoir l'opération, tandis que les banques de Wall Street devraient elles aussi soutenir activement le dossier, avec près d'un milliard de dollars de commissions en jeu", indique Mark Dowding, Chief Investment Officer.

Dans le reste de l'actualité, Costco Wholesale a publié jeudi soir un bénéfice net de 2,19 MdsUSD pour son 3e trimestre 2025-2026, clos le 10 mai, soit 4,93 USD par action, un BPA en progression de 15% en comparaison annuelle, mais très légèrement inférieur, de 1%, à l'estimation moyenne des analystes.

Enfin, le dollar est stable face à la monnaie unique et s'échange contre 0,858 EUR.

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